| Etat actuel des connaissances sur l'effet placebo | |
Salut à tous,
J'ai tenté de faire une synthèse de ce qui pouvait être dit sur le sujet Pour cela, je m'inspire surtout d'un article de Jean Brissonet et de deux autres sources plus mineures. Le tout est cité en fin de page. 1) Introduction et historique D'après Jean Brissonet, Le concept d'effet placebo remonte à 1955-1960 et est à attribuer à un certain Haas qui aurait étudié de nombreuses études existantes et évaluaerait cet effet à 30%. Le chiffre aurait été validé par la suite par d'autres recherches. Depuis, ce chiffre a été souvent considéré comme la différence entre l'effet total observé et l'effet inhérent au médicament lui même. Brissonet fait remarquer que c'est donc une relation de causalité qui est supposée (alors que, selon lui, c'est une corrélation). Il précise que, depuis, peu d'études ont étudié le placebo et qu'il a été utilisé abondament dans la litérature jusqu'à kienle et Kiene le remettent en question en 1997, suivi par d'autres. « Les fausses impressions d’effets placebo peuvent être produites de différentes manières ». Ils citent de nombreux exemples parmi lesquels : « L’amélioration spontanée », « la fluctuation des symptômes », « la régression à la moyenne », « la prise d’un traitement supplémentaire », « un biais dans l’échelle d’évaluation », « des réponses de politesse » et bien d’autres encore. Et ils constatent : « Ces facteurs sont encore fréquents dans la littérature moderne sur le placebo ». Suites à ces remises en question, les scientifiques ont répertoriés tout ce qui pouvait influencer l'effet d'un médicament et qui serait autre que l'effet des produit qu'il contient. Ils ont répertoriés, testés et validés différents effets : 2) des effets et biais de mesure "l'effet Hawthorne : la modification des comportements naturels de sujets d’étude en raison de leur participation à cette dernière peut entraîner une surévaluation des effets du traitement, en particulier dans le groupe contrôle." "La régression à la moyenne : l’inclusion de patients avec des valeurs très élevées ou très basses à l’entrée dans une étude donne l’illusion que la variabilité statistique des mesures ultérieures est une amélioration sous traitement." " Le paradoxe de Simpson : lorsque des facteurs déterminants (in)connus (« confounders ») influencent les données, le résultat global d’une étude (de cas témoins) peut être complètement modifié par des analyses de sous-groupes." "Le phénomène de Will Rogers : l’accroissement des possibilités diagnostiques ou l’augmentation artificielle de la prévalence d’une maladie peut améliorer le pronostic d’un patient sans que ses paramètres de mesure aient subi un quelconque changement." Extrait de : « Quatre effets, phénomènes et paradoxes de la médecine. Leur signification et leurs racines historiques », Peter Kleist. Forum Med Suisse 2006 ;6 :1023–1027 www.medicalforum.ch/pdf/pdf_f/2006/2006-46/2006-46-194.pdf Kienle Et Kiene concluent : "une autre erreur de jugement est le manque de clarté du concept de placebo lui-même ". Ils concluent sans ambages « que la littérature, relative à l’ampleur et la fréquence de l’effet placebo, n’est pas fondée et largement surestimée, si elle n’est pas entièrement fausse ». Ils posent enfin la question de savoir sil’existence du soi-disant effet placebo « n’est pas en effet lui-même engrande partie, ou totalement, illusoire ». 3) L'effet contextuel Il a été proposé la chose suivante : l'effet placebo serait ce qui reste a expliquer quand on a déjà l'effet du médicament + les effets cités plus haut....Il reste alors un certain % d'effet qui est inexpliqué plusieurs chercheurs (Di Blasi et al., 2003, Miller et Kaptchuk, 2008) proposent d'utiliser le terme d'effet contextuel au lieu de celui de placebo. Ils pensent que cet effet contextuel contient plusieurs éléments... Voici ceux qui ont déjà été testé et validés actuellement : Le rituel thérapeutique : les résultats sont différents selon la voie d’administration, le goût, le nom, le prix, la couleur, etc. Les conditions environnementales : personnalité et croyances du patient, attitude de son entourage, lieu où se réalisent des soins, attention de l’équipe soignante, etc. la relation patient/praticien. Le conditionnement (au plus on repète un traitement qui semble efficace au plus on y croit...) Les suggestions (prédire un bon diagnostique, donner une certitude de guérison,...) Le lien entre effet contextuel et opioïdes endogènes (les substances émises par le cerveau lors de l'utilisation de différentes méthodes psychologiques de gestion de la douleur comme, par exemple, l'hypnose) ainsi que les liens entre effet contextuel et Dopamine (je ne rentre pas ici dans les détails car je n'ai pas le niveau pour les comprendre). On trouve également une augmentation de la sérotonine lors de l'utilsation d'un placebo contre la dépression... Jean Brissonet conclut son article de la manière suivante : "Alors ! Placebo es-tu là ? L’objet placebo est là et bien là ! Il sera encore longtemps irremplaçable dans la réalisation des incontournables études cliniques contrôlées. L’effet du placebo, lui, est inexistant. Quant à l’effet « dit » placebo, si son existence est incontestable, quoique limitée, il conviendrait plutôt de le nommer simplement « effet contextuel », afin de mieux faire comprendre sa vraie nature et d’en faire disparaître la connotation magique." J'ai aussi trouvé dans d'autres articles les informations suivantes : Au moins un gène est déterminant dans la réponse aux placébos, selon wikipédia "Le gène en cause est le gène COMT (pour Catéchol-O-méthyltransférase). Il avait déjà été repéré dans le traitement de la douleur et de nombreuses affections (maladie de Parkinson) ainsi que dans le « comportement de confirmation de nouvelles informations selon nos croyances »20 ; L’activation de ce gène modifie la production de dopamine (un neurotransmetteur qui est aussi une neurohormone, impliqué dans les circuits neuronaux de la récompense et de la douleur), semble-t-il via le contrôle d'un enzyme (Catéchol-O-méthyltransferase21). La dopamine participe aux voies neuronales impliquées dans l’anticipation (qui est en jeu dans l’effet placebo20). Ce gène COMT conditionne ainsi l'ampleur de la réponse au placebo pour chaque individu ; certaines variantes de ce gène comprennent 2 copies de l’allèle « méthionine» (Met), 2 copies de l'allèle «valine» (Val), ou 1 copie de chaque. Le cortex préfrontal des personnes disposant de ces formes de ce gène semble produire 3 à 4 fois plus de dopamine que chez les porteurs de la forme simple du gène22. Or, le cortex préfrontal est la zone du cerveau associée à la cognition, à l'expression de la personnalité, à la prise de décision et au comportement social20. Cette découverte renforce l’importance du rôle de la dopamine dans le cerveau" Après quelques recherches, il semble que l'effet placebo aie été découvert bien plus tot que ce qui est évoqué par Brissonet : La première utilisation expérimentale documentée d'un placebo date de 180010 : autour de 1795-1796, le médecin américain Elisha Perkins (en) invente les « tracteurs de Perkins », baguettes métalliques brevetées (car prétendument faites en un alliage original doté de pouvoirs de guérison) censées soulager toutes sortes de maladies (rhumatisme, maux de tête) en les passant sur les nerfs du corps atteints d'inflammations. Alors que Perkins présente ses baguettes à Londres, le médecin épidémiologiste John Haygarth (en) répète les expériences de Perkins sur des malades avec des baguettes métalliques et des baguettes en bois : il obtient des résultats identiques (quatre des cinq malades déclarent aller beaucoup mieux) avec les deux types de baguettes. Haygarth dévoile ainsi la supercherie et décrit l'effet placebo dans un ouvrage en 1800 qu'il sous-intitule De la curieuse influence de l'imagination sur les fonctions du corps humain11 Voila en guise de conclusion, je dirai donc qu'il y a pas mal d'éléments explicables et expliqués dans l'effet placebo et qu'il serait bénéfique pour la science de les utiliser à la place de cette notion floue et creuse à laquelle ce sujet est consacré. Ce qui est écrit plus haut permet déjà d'avoir une compréhension importante du phénomène Ce sujet est essentiellement une synthèse de l'article de Jean Brissonet ddata.over-blog.com/xxxyyy/4/01/72/86/Placebo.pdf dans une moindre mesure, quelques informations viennent aussi de la page wikipédia fr.wikipedia.org/wiki/Effet_placebo et également d'une critique de l'effet placebo écrite par Philippe Pignarre www.recalcitrance.com/placebo.htm
Jérémy Royaux
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dimanche 20 avril 2014
Emma Woods : enlèvement extraterrestre
| Le cas Emma Woods (recherches sur les enlèvements ET) (publié sur le forum de l'observatoire zététique) | |
Suite à un lien posté par Gilles Fernandez sur le cas d'Emma Woods, j'ouvre un sujet car c'est assez intéressant.
les anglophones peuvent prendre connaissance du cas en détails à la page suivante : www.ufoalienabductee.com/ En gros il s'agit d'une femme qui pense avoir vécu plusieurs événements étranges dans sa vie et que son thérapeute finit par envoyer chez le Dr Jacobs, spécialiste reconnu des enlèvements. Ce dernier va alors mener une longue série de séances d'hypnose avec Emma afin de l'aider à "retrouver" au mieux ses souvenirs.... malheureusement pour elle, l'expérience va progressivement dériver vers une relation de pouvoir et d'abus digne des pires gourous de secte. Ce qui est génial c'est que les séances ont été retranscrites et même parfois enregistrées... Et on peut lire / écouter les passages sur le site et donc se faire son propre avis (même s'il existe déjà des avis de qualité sur la question, notamment celui-ci :www.ufoalienabductee.com/speculative-rea...-of-david-jacobs.pdf --------------------------------------------------- Après lecture des données importantes, voici mon propre avis sur ce cas : Commentaires concernant le cas d'Emma Wood en tant que sujet d'expérience du Dr Jacobs pour ses recherches sur les "aliens abductees" 91 sessions d'hypnose... de plusieurs heures ont été menées par le Dr Jacobs. Ce fait un très étrange... en tant que psy et thérapeute spécialisé en hypnose, je n'arrive pas a imaginer comment on peut trouver du contenu à un tel nombre de séances... Une thérapie brève par hypnose peut durer une dizaine de séances. Une thérapie comportementale 15-20 séances... mais 91? C'est donc pour le moins curieux... surtout vu la durée des séances... Je pense que les hypnothérapeutes font des séances de moins d'une heure pour la majorité d'entre eux. 1 )Avant d'aller voir en détail le contenu de ces séances, j'ai été lire le site du docteur Jacobs. Voici quelques remarques : www.ufoabduction.com/hypnosis1.htm concernant la partie 1 : avantage et inconvénients. Je trouve le texte très orienté... tout le discours est basé sur la croyance que les abductions existent réellement mais bon ils ont l'honnêteté de bien informer sur les risques. Partie 2 : choisir un investigator : "The investigator and/or hypnotist should be well versed in the patterns of UFO abductions in order to pursue to investigation correctly, helping the subject explore his or her memories smoothly and systematically. Investigators or hypnotists with a personal agenda (New Age, Spiritual, Transformational, "Doom and Gloom,") should be avoided, unless this is precisely what you are looking for." l'ironie c'est qu'ils sont exactement pareils.... ils partent du principe que ça existe et on le sent bien. Ils sont tout aussi biaisés qu'un thérapeute new age. partie 3 contamination : ils remarquent qu'il faut éviter d'être influencé par d'autres sources d'infos dés qu'on commence le travail... C'est absurde. Le sujet a déjà ses croyances et sa culture et n'a aucun moyen de s'en décaler... ce conseil est une illusion et la contamination est inévitable 2 ) maintenant concernant les séances en elles mêmes : tout d'abord quelques infos : Il existe deux visions de l'hypnose à la base. Une vision étatiste qui postule que l'hypnose est un état particulier. Et une vision non étatiste qui postule que l'hypnose est un phénomène de psychologie sociale, une sorte de jeu de rôle lors duquel le patient rentrerait plus ou moins fort dans la peau du personnage qu'il croit jouer. Actuellement , on est +- tous d'accord pour dire que le partie non étatiste, et donc sociale, est vraie. Le sujet "joue le jeu", il se plonge dans ce que propose le thérapeute avec un laché prise important. Le résultat est un mélange de quelqu'un qui écoute une histoire avec quelqu'un qui fait une sorte de rêve éveillé. L'imagination fonctionne donc d'une manière un peu "automatique" ou spontanée, comme quand on est à moitié endormi et que l'esprit s'égare sans qu'on contrôle rationnellement ce vers quoi il se dirige. L'hypnothérapeute a reçu une formation intensive sur l'usage du langage, des suggestions, de l'imagination. Il sait en principe parfaitement quand il suggère quelque chose (ça fait partie des stratégies thérapeutiques) et quand il permet juste au sujet d'exprimer ce qu'il ressent ou ce qu'il pense. Le problème, c'est que dés qu'on veut "orienter" l'imagination vers des souvenirs, il est déjà impossible de ne pas influencer le sujet puisqu'on lui sert de guide. Quand on travaille sur un souvenir traumatique, on ne cherche pas à retrouver une réalité. Juste à replonger la personne dans le souvenir qu'elle reconstitue (la mémoire n'est pas un disque dur, chaque accès aux données est une reconstruction, le souvenir se modifie donc à chaque accès). On aide essentiellement la personne à modifier son souvenir pour qu'il perde son caractère traumatique. C'est assez simple car la mémoire s'y prete bien. Par contre, quand on veut retrouver un souvenir oublié, on se retrouve dans l'obligation de suggérer des choses, et donc le sujet va reconstituer son souvenir, de 1. Et de 2, le sujet va tenter de combler les vides là ou ils existent si on insiste... Son cerveau va finir par combler le vide comme il peut... en inventant quelque chose de cohérent à partir de ce qu'il connait (le vécu, la culture,...). Il est impossible de retrouver un souvenir sans le polluer. Comme quand on récupère une arme a feu sans gants... on contamine systématiquement l'évidence... la différence étant qu'avec l'hypnose, il n'existe pas de gants... on ne peut que foutre ses sales mains sur les pièces à convictions, et personne ne peut prévoir les effets. L'hypnose a d'ailleurs perdu depuis longtemps valeur de preuve dans les tribunaux partout dans le monde civilisé. Et la majeur partie des hypnothérapeutes diplomés en psychologie diront aux clients que l'hypnose ne peut servir à retrouver un souvenir oublié avec efficacité. une dernière remarque sur le coté social de l'hypnose. Les thérapeutes actuels sont souvent peu directifs, très axés sur les valeurs et le respect du système de pensée de la personne. Ils s'appuyent sur la vision de la personne pour l'aider... Ce qui est bien différent d'essayer d'imposer sa propre vision au sujet (même pour son bien). Lorsqu'un thérapeute est autoritaire, directif, et tente d'influencer le sujet pour obtenir ce qu'il veut, on retrouve le même type de relations qu'on peut observer au niveau des gourous de sectes... Ils utilisent d'ailleurs souvent leur autoritatisme et leur position de "celui qui sait" pour influencer et faire douter leurs adeptes afin de les soumettre... A ce niveau, on peut citer Freud qui a, avant d'utiliser les associations libres en psychanalyse, utilisé l'hypnose. C'était l'époque de sa première "croyance" qui consistait dans le fait que les troubles psychologiques étaient souvent liés à des abus sexuels infantiles... Et il a donc utilisé l'hypnose pour "retrouver" ses abus... avec grand succès ... heureusement il a finit par se rendre compte qu'il en trouvait un peu trop et que c'était louche... il a alors abandonné l'hypnose , voyant la suggestion comme quelque chose de négatif. En gros : quand on cherche et qu'on insiste, avec autorité et directivité, on pousse le patient à répondre à cette demande (ce qui rejoins le coté phénomène psychosocial de l'hypnose). Maintenant, revenons aux séances en questions globalement, l'hypnose qui est pratiquée répond aux caractéristiques suivantes : - très directive - les phrases utilisées induisent les réponses sans cesse, d'une manière qui est de plus en plus marquée au fil des séances (on dirrait plus que Jacobs "explique" à son sujet ce qu'il a vécu... pas qu'il lui demande ce qu'elle a vécu) - les questions qui sont bien formulées (qui n'induisent rien) sont presque toujours suivies ou précédées d'autres phrases qui induisent ce que le sujet va pouvoir répondre à la question - progressivement, on peut observer que le Jacobs construit une "histoire" de manière de plus en plus directive. Il manipule le sujet afin de créer de la confusion et d'avoir son acquiessement par rapport aux théories que Jacobs chercher à prouver - Jacobs semble obséder par les activités sexuelles et perverses des aliens. Il suggère donc de manière de plus en plus flagrante que "l'histoire" perverse, violente, abusive qu'il invente concernant les aliens est une réalité que Emma a vécue. - il laisse de moins en moins de possibilités au fil du temps à Emma de parler d'autre chose, de ne pas accepter les suggestions, ... Conclusions : Globalement, le travail du Dr Jacobs s'apparente à une tentative progressive d'assujetir Emma Woods aux fantasmes du docteur sur les aliens. Fantasmes qu'il va habilement valider et rendre réel en abusant de toutes les ficelles de l'hypnose et de la suggestion pour forcer Emma a revivre une histoire violente, pleine d'abus, de paranormal, de sexe et de désespoir. Ses discours sur l'hypnose et les recommandations qu'il fait sur son site montre qu'il est tout a fait conscients des risques et des dangers, ce qui le rend encore plus coupable de ce rapport qu'il entretien avec Emma qui s'apparente au lavage de cerveau qu'on trouve dans les pires sectes. Le Dr Jacobs a violé de manière flagrante et indiscutable toutes les règles éthiques qu'on peut trouver dans l'hypnose ou la thérapie. Et les bandes audios et compte rendus dont j'ai pris connaissance ne laissent aucun doute la dessus. Ce type devrait être trainé devant les tribunaux pour ce qu'il a fait... Concernant Emma Woods, difficile de savoir comment aurait été sa vie sans ces abus répétés perpétrés par le dr Jacobs. Je pense qu'elle fut, comme beaucoup de victimes de sectes, faible et influencable à cette époque et qu'elle a "joué le jeu" du Dr Jacobs comme certains ont joué le jeu des nombreux gourous pédophiles, abuseurs et autre.... Ce n'est pas uniquement lié à l'hypnose, c'est aussi, et surtout, lié à la relation entre Jacobs et Emma... Si Emma n'avait pas été dans une position de faiblesse et de perdition, le Dr Jacobs ne serait sans doute pas arrivé à ses fins aussi longtemps... On peut néanmoins être heureux de constater qu'elle a pu sortir de cette relation de soumission et d'abus. Et il me parrait clair que Jacobs , bien qu'il était peut être très incompétent dans la pratique de l'hypnose, avait bien conscience de la gravité | |
revivre après le génocide au rwanda
Samedi, 10 Décembre 2011 19:25
| Guérir et se reconstruire | |
Revivre après le génocide
Les survivants d’une horreur telle qu’une extermination ethnique doivent continuer à vivre, à se reconstruire malgré les souvenirs qui les hantent. Comment, pourquoi ? Rencontre avec Jérémy Royaux, psychothérapeute.
Comment survivre après un traumatisme tel qu’un génocide ? Quelles séquelles psychologiques peuvent endurer les victimes ?
“Les victimes d’un traumatisme vivent trois types de conséquences. Tout d’abord, des symptômes intrusifs: revivre les événements sous différentes formes comme des cauchemars ou des idées obsédantes. Ensuite, différentes formes d’évitement: l’individu va éviter les stimuli qui sont associés de près ou de loin au vécu traumatique. Par exemple, éviter de sortir de chez lui, de croiser des inconnus ou encore éviter de penser à tout ce qui s’est passé, etc. Enfin, une hyperstimulation physique et mentale: l’individu reste bloqué dans un état de stress intense, comme si, à chaque instant, il devait être prêt à fuir ou à combattre.”Avez-vous des conseils pour les personnes ayant un tel vécu? “Il faut se donner du temps et se faire confiance. Nous avons tous en nous de nombreuses ressources qui nous permettent de nous adapter à notre environnement. Dans de nombreux cas, cela se fera naturellement et progressivement, à condition d’être dans un environnement soutenant et sécurisant.”
Doivent-elles parler de leur vécu, suivre une thérapie afin de pouvoir évoluer et vivre sereinement ?
“Les conséquences d’un traumatisme sont normales et font partie de la phase d’adaptation. L’individu va petit à petit mobiliser ses ressources pour intégrer ce qui s’est passé et retrouver une vie normale. Ces conséquences peuvent persister quelques jours, quelques semaines voire plus longtemps parfois, mais diminuent progressivement. On parle de syndrome de stress post-traumatique à partir du moment où la situation ne s’améliore pas. Il est alors important d’aller chercher au plus vite une aide psychologique. Pour certains, un soutien psychologique suffira à débloquer le problème. Pour d’autres, il sera nécessaire de se tourner vers des thérapies spécialisées comme l’hypnose, la thérapie cognitive et comportementale ou l’EMDR (NdlR: Eye Movement Desensitization and Reprocessing).”Que faut-il faire pour ne pas tomber dans une soif de vengeance ou de haine? Comment vivre auprès de ses anciens bourreaux ?“Personne ne pourra répondre à cette question à part les Rwandais eux-mêmes. Il leur revient cette tâche difficile de trouver, jour après jour, malgré la souffrance, une manière de reconstruire une vie normale en vivant ensemble. Victimes et bourreaux seront à nouveau voisins, et ce n’est que par le dialogue que l’avenir pourra se construire.”
interview d'Aurore Dister (la Dernière Heure) avec Jérémy Royaux, psychothérapeute
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La peur d'aller chez le psy
Certains n'osent pas consulter, par crainte ou à cause des stéréotypes. Décryptage et conseils de Jérémy Royaux, psychothérapeute.
« Tu n’irais pas consulter ? ». Après un divorce, un décès ou tout évènement traumatique, nombreux sont ceux qui conseillent à leurs proches d’aller chez un psy. Et pourtant, cette option n’est pas toujours choisie par peur, par manque de connaissance ou à cause des préjugés. « Certaines personnes ne sont pas encore prêtes à changer. Se dévoiler, parler de son ressenti, travailler sur son problème et fixer des objectifs, ça demande un investissement important et tout le monde n'est pas encore prêt à cela. D'autres ont en tête certains stéréotypes sur la psychothérapie. Ils pensent par exemple que celle-ci s'adresse aux cas psychiatriques... C'est faux, la majorité de nos patients ne souffrent d'aucune pathologie psychiatrique», explique Jérémy Royaux, psychothérapeute.
D’autres clichés ont la vie dure : il est fini le temps où le client, allongé sur un divan, raconte sa vie à un médecin taciturne, installé derrière lui. « Certains personnes pensent que les thérapies sont toujours longues et fastidieuses, ce qui est fort éloigné de la réalité. De nombreuses thérapies sont maintenant de courte durée (moins de 15 séances), basées notamment sur la recherche en psychologie et en neurosciences. Elles permettent de travailler efficacement sur toute une série de difficultés allant de la dépression aux phobies, en passant par l'anxiété. On trouve également des thérapeutes plus spécialisés qui proposent des thérapies de couple, de la sexologie ou encore du soutien lors d'un sevrage. Le psychothérapeute peut également apporter une aide rapide et concrète pour des difficultés relationnelles, apprendre à mieux communiquer ou encore découvrir une méthode de relaxation», continue-t-il.
En fonction de la situation ou du problème à traiter, il faut parfois essayer plusieurs spécialistes avant de choisir celui qui nous correspond le mieux. « Il vaut mieux commencer la thérapie en précisant clairement ce que l’on vient chercher et en demandant ce que le thérapeute peut proposer par rapport à cette problématique. Chaque courant a ses spécificités, il peut être utile de vous renseigner un minimum sur les différents courants avant de faire un choix car le type de courant déterminera le type de thérapie proposée. Les grands courants actuels sont la psychanalyse, la thérapie systémique, la thérapie cognitivo-comportementale et la thérapie humaniste », conseille M. Royaux.
La psychanalyse est une méthode d'investigation psychologique mise au point par Freud visant à élucider la signification inconsciente des comportements. La thérapie systémique « vise à comprendre la souffrance en la plaçant dans le système auquel appartient le patient et dans lequel il évolue : couple, famille, ou autre. »¹ La thérapie cognitivo-comportementale « est une thérapie brève, validée scientifiquement, qui vise à remplacer les idées négatives et les comportements inadaptés par des pensées et des réactions en adéquation avec la réalité ». ² La psychothérapie humaniste ou existentielle «est centrée sur le présent et mise sur la capacité de la personne de comprendre ses difficultés, trouver ses propres solutions et apporter les changements adaptés . »³
Avant de perdre son temps (et surtout son argent), il faut écarter les charlatans : « Evitez les gens qui n'ont aucun diplôme médical ou paramédical. De nombreux thérapeutes se sont formés à une technique de thérapie sans apprendre les bases de la psychologie. Le diplôme ne garantit pas la compétence du thérapeute mais garantit au moins une bonne connaissance de la psychologie », commente notre psy.
Et enfin, n’attendez pas que votre problème s’aggrave avant de franchir le pas. «Trop souvent, nos patients attendent d'être au plus mal pour venir nous voir, ce qui rend la thérapie plus difficile. Certains problèmes peuvent être assez vite résolus quand les gens consultent à temps », conclut Jérémy Royaux.
Voici quelques sites pour trouver un psy : www.lepsychologue.be , www.psy.be, www.psychologue-belgique.be, www.compsy.be
¹ Définition donnée par www.lepsychologue.be
² Définition donnée par www.psycom.org
www.nouvelles-perspectives.be
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